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Maroc, le surf trip royal !

 

photos : kristen pelou
texte : nicolas rousson / wavetrotter

Le Maroc, nouvelle vague.
Alors que pendant quatre décennies seuls des surfeurs de passage et une poignée de locaux profitent des vagues marocaines, le littoral s’ouvre depuis peu au plus grand nombre. Une quantité sans cesse croissante de jeunes, filles et garçons, se jettent désormais à l’eau le long des 3000 kilomètres de côtes atlantiques. De nombreuses associations et clubs les aident à progresser et à démocratiser le surf, dans un pays aux inégalités encore frappantes.

Abdel El Harim, 21 ans, l'enfant prodige du surf marocain, est actuellement dans le top 10 du surf européen. Après un début de saison sur les chapeaux de roues lors de son premier hiver hawaiien, il score sa première couverture d'un magazine de surf (TripSurf magazine mai 2006). Souhaitons lui de devenir le premier marocain à entrer sur le circuit mondial WCT.

Une vieille histoire
Mehdia, novembre 2005. Les premières grosses houles automnales pointent leur nez et les beach-breaks du nord saturent. Nous rejoignons alors l’une des seules vagues surfables du coin, une gauche massive et boueuse qui déroule à l’embouchure de l’oued Sebou. Amassés sur la digue, des centaines de badauds assistent au spectacle offert par l’océan et les locaux de Kenitra et Mehdia. La plupart des curieux avouent qu’ils ont récemment découvert ce drôle de jeu avec les vagues. Aucun ne manquerait désormais la vision de ce tube continu rentrant dans les terres, lors de rares journées hivernales. Et pourtant, le surf ici ne date d’hier. Ce lieu chargé d’histoire, qui a vu nombre de naufrages et de batailles, est aussi le berceau du surf au Maroc. Haut lieu stratégique, Kénitra fut l’un des centres névralgiques du protectorat français. En 1912, un certain maréchal Lyautey a décidé de l’équiper d’un port militaire et de commerce, puis d’une base pour hydravion en 1928. Quel rapport avec le surf marocain ? Justement, ça arrive, puisque cette base française, puis franco-américaine, verra l’installation de centaines de GI’s et de militaires français. C'est Claude Berard, un pompier civil employé à la base, qui apportera au Maroc la première planche. Il la partagera avec Henri Coggia, Pierre Chalaud et Aboud Kabbour dit “Mamoune“, l’un des maîtres nageurs de la plage. Nous sommes en 1960, quelques années seulement après la naissance du surf au pays basque. Très vite, le potentiel marocain est diffusé, les premiers touristes surfeurs débarquent. Beaucoup sont des australiens fuyant leur pays et la loterie à l’enrôlement vers la guerre du Vietnam. Certains restent même plusieurs années à Mehdia. Plus tard, le Maroc devient un lieu de pèlerinage pour hippies et attire aussi son lot de surfeurs plus ou moins baba, et de baba plus ou moins surfeurs. L’hiver poussera les voyageurs toujours plus au sud. À chaque étape, le virus se transmet aux marocains par le biais de ces trippeurs. Ceux qui oseront les aborder seront les surfeurs de la première génération, essentiellement constituée de français du Maroc, les seuls ayant les moyens de s’offrir une planche. Les années 70, avec le développement du tourisme, verra une seconde génération émerger, plus populaire. C’est celle de Boumediene Omari, l’actuel gérant de l’école de surf de Mehdia, Atlantic Mehdia Surfing. Il raconte cette “belle époque“ avec les yeux qui brillent : “du Nord au Sud, tous les surfeurs se connaissaient. À Mehdia, nous étions une bonne équipe de fous furieux“. Des photos jaunies fleurant bon la fin des 70’s et le début des 80’s (boardshorts fluos et planches épaisses) circulent. Souvenirs d’une bande joyeuse surfant dans le Nord, et défrichant les spots du sud, alors encore vierges.

Boumedienne Omari fait partie des surfers de la seconde génération. Il a monté l'école de surf Atlantique Mehdia Surfing dans le berceau du surf marocain, Mehdia-Plage. Un spot très consistant du nord du Maroc, situé à quelques encablures d'un joli point-break déroulant entre les énormes digues permettant d'accéder au port de Kénitra lorsque la mer est grosse.

Développement poussif
Et aujourd’hui, qui sont les surfeurs marocains ? Que sont par exemple devenus les membres de la bande à Boumediene, alias Boum-Boum ? Sur la photo qui regroupe une douzaine de jeunes, seuls deux sont restés “au bled“. “Tous les autres sont partis à l’étranger, en Europe ou aux États-Unis“. Toute cette 2ème génération qui a appris au contact des premiers surfeurs de passage s’est évaporée, embarquée, probablement grâce à la liberté offerte par la glisse, dans une quête d’un monde meilleur.

Etoile verte au centre d'un drapeau rouge, les couleurs marocaines flottent sur Rabat. Juste sous la médina de la capitale, dans l'embouchure de l'Oued Sébou, déroule la vague de Doura. Ne vous fiez pas aux apparences car la photo est prise de loin, un coup de zoom vous permettra de distinguer une autre étoile locale, Abdel El Harim, en grabrail dans le tube sur cette droite qui l'a vu grandir.

Ainsi, peu d’infrastructures ont été mises en place au fil des années. Alors que le surf a débuté en même temps qu’en France, il n’existe aucun shaper, aucune marque de fringue et les shops se comptent sur les doigts d’une main. Pour Rachid, surfeur de Casablanca, “tout est lié, car un bon surfeur a besoin d’un shaper pour progresser, et d’une marque pour le soutenir“. Pour lui l’absence de champions au niveau international pendant longtemps vient de là. “Ici, on ne trouve que des planches d’occase ou de série, mais pas de sur-mesure, difficile de continuer à progresser sans planches adaptées“. Bien que les marocains soient friands de compétitions, courantes sur leurs spots, il aura fallu attendre plus de 40 ans pour voir le premier enfant du Maroc accéder au circuit international de surf. Abdel El Harim, 20 ans, a débuté à Rabat, sa ville natale, grâce à son grand frère, lui-même surfeur. Il se fait remarquer à la fin des années 90 par l’un des meilleurs surfeurs de l’époque, Karim “Rèh“ Chaibat. Celui-ci lui propose de venir s’entraîner à Agadir quelques mois et là se produit le premier déclic. Champion du Maroc de 1995 à 2000, il attire l’attention de Rip Curl par l’oeil de Joël alias “Nabot“, local de la Grande à Biarritz, en voyage dans le sud marocain. La marque vient le chercher à Rabat et lui propose de venir surfer en France une partie de l’année. Son père accepte que son fils passe de 6 à 8 mois par an à Hossegor, où il aura enfin l’occasion de se confronter aux meilleurs. “Les vagues ici sont fabuleuses, mais il me manquait l’émulation nécessaire pour progresser, c’est ce que j’ai trouvé dans les Landes“. On connaît depuis le parcours de l’enfant prodige : qualifié en WQS depuis 2004, il se classe 17ème sur le circuit EPSA. Fin 2005, lors de son premier trip à Hawaï, il obtient une wild card pour participer aux trials du Pipe Pro. Confronté à chaque tour à des Hawaïens connaissant parfaitement Banzaï Pipeline, il accède aux quarts de finale avec la manière, recueillant 8,67 points sur sa meilleure vague.

Incroyable, un surfer seul au bottom de la vague un jour pareil au spot du "Billet de 10000". Drôle de nom pour un spot, il vient de l'usine de retraitement de phosphate qui figurait sur l'ancien billet de 100 dirhams. Un autre nom de ce spot est "cacheton", sans doute en raison de la couleur de l'eau et de l'écume aux alentours des larges tuyaux d'évacuation d'eau. Selon les locaux il n'y a aucun risque à surfer ce spot, malgrés leurs certitudes et les magnifiques vagues, aucun de nous n'osa les suivre au peak ce jour là...

Relève bien présente
Son itinéraire a permis au grand public de son pays de découvrir le surf. Ce dont Abdel est le plus fier est de servir d’exemple et de motivation auprès des jeunes marocains. Il ne vient pas d’un milieu aisé, mais a réussi à percer, ce qui montre à chaque surfeur qu’une chance lui est offerte. Et la relève est effectivement bien présente ; du Nord au Sud, on aperçoit des minots qui déchirent : Yassine Ramadani, alias “Mon bébé“ est présenté comme le digne héritier d’Abdel. Les médias l’ont vite repéré et un sujet pendant le Dakar 2005 lui a même été consacré sur France2. Tout aussi motivé, Ramzi Boukhaya, 12 ans, a déjà participé à des compétitions dans le sud-ouest français et s’y est fait largement remarquer. À Safi ou à la Pointe des Ancres, nous l’avons vu surfer backside et sans complexes, trouvant bien sa place au milieu de quarante autres surfeurs.

Des kids à l'eau, tous le long de la côte. Safi, Anchor Point, Mehdia, Casa, Rabat, tout du long de notre périple nous verrons des jeunes surfers envoyer surf tous les spots. Parfois, ils ont la chance d'avoir des sponsors ou une famille aisée et peuvent s'offrir du bon materiel mais bien souvent, la soif de vagues s'éponge avec les maigres moyens du bord à l'image du petit Wallid, une valeur montante du Mohammedia Surfing Associationa (photo Nicolas Rousson/Wavetrotter)

Pour permettre aux jeunes de progresser, des écoles et des clubs de surf ont vu le jour sur toutes les plages. Depuis 2000, leur nombre est en explosion. Toutes ces structures permettent également “d’officialiser“ le surf auprès du grand public, et ainsi l’ouvrir à tous. C’est aussi l’un des objectifs de la jeune fédération de surf car pendant longtemps, les clichés les plus négatifs sont restés collés aux basques des surfeurs du Maroc. Avec pour conséquence, notamment, l’absence de filles sur les vagues, aucun parent ne souhaitant voir traîner sa progéniture avec une bande de “frimeurs mal élevés fumeurs de pétards“…


Des vagues comme celle ci, l'immense littoral marocain en recèle des dizaines. Le surfer de Casablanca, Rachid Fahmi en profite bien et se cale dans un joli barrel grabrail comme on aimerait en scorer plus souvent.

Une place pour les filles
Mais tout n’a pas changé du jour au lendemain, et les traditions culturelles et religieuses ont laissé beaucoup de jeunes filles attirées par le surf sur le carreau… Cela aurait pu être le cas d’Hanane, si elle avait écouté son père lui interdisant de toucher à une planche. Native de Mohammedia, ville au nord de Casablanca, elle a grandi sur la plage des Sablettes et a vu les meilleurs surfeurs du Maroc y progresser. À force de rester à les observer, elle décide à 19 ans de se jeter à l’eau. Depuis, rien n’a pu l’arrêter, pas même son paternel : “qui m’a frappé et m’a cassé la planche pour m’empêcher de surfer“. Quelques années plus tard, elle devient championne du Maroc et s’apprête prochainement à participer à sa première compétition européenne. Hanane a dû couper tout contact avec son père pour assouvir sa passion, mais son exemple a permis à d’autres adolescentes de partir surfer à leur tour. Et dans un pays où l’immense majorité des femmes est voilée, ce combat pour le droit aux vagues est rude. Beaucoup ne comprennent en effet pas comment une fille peut traîner avec quasi exclusivement des garçons, se changer sur un parking ou une plage et surfer en bikini ou en combi moulante. Le Maroc se trouve dans une phase où tradition et modernité se côtoient et se confrontent chaque jour et de partout. Pour les jeunes, il est forcément difficile de passer de l’un à l’autre sans froisser personne. Aujourd’hui, les compétitions rassemblent toujours plus de “gazelles“, mais leur nombre est encore extrêmement limité sur les vagues marocaines. Quand on sait que la plus de la moitié des habitants vit à moins d’une heure du littoral, on imagine l’immense potentiel.

Un petit pas dans l'eau pour Hanane Lafram mais peut-être un grand pas pour l'évolution de la condition de la femme au Maroc ! Hanane et Imane ont le surf dans la peau, elles vivent surf, pensent surf et parviennent à se faire accepter sur les bons spots comme la Pointe des Ancres à Taghazout (photo droite : Imane Zegraoui au take off).

On l’a vu pour les garçons, la relève est bien là et n’attend qu’un petit coup de pouce de sponsors. Pour les filles, tout reste à faire et Zouhair Lakm, alias Zouzou l’a bien compris. A Safi, il vient de monter une école pour filles. Une initiative réellement hallucinante quand on connaît le contexte culturel du pays. “Je souhaitais monter un pôle d’entraînement pour les jeunes filles, avec l’objectif d’en amener quelques unes à un niveau international dans les quatre ans à venir“. L’ancien moniteur de l’école Surfland de Oualidia se rend vite compte que les parents ne laisseraient jamais leurs gamines venir surfer. Le père de l’une d’elles confie : “je craignais surtout que ma fille ne devienne trop passionnée par le surf, et qu’elle quitte l’école, comme j’ai vu tant de jeunes de Safi le faire“. Zouzou passe alors “beaucoup de temps à sensibiliser les parents, à leur montrer que le surf peut être différent de l’image qu’il véhicule“. Il monte une structure de fitness pour enfants et attire ainsi de nombreuses jeunes filles dans sa salle de gym. Quand les conditions le permettent, il les emmène s’entraîner sur la plage. Très vite, il déniche quelques combis et planches et met ses futures championnes à l’eau. Le plaisir de la glisse fait le reste : “dès que les conditions sont là, aucun des enfants ne veut manquer mes cours de surf“. Les parents réticents sont venus voir leur progéniture et ont vite compris que surfer pouvait être aussi un sport comme un autre, avec la passion utilisée positivement.
Cet exemple de structure, inédite dans de nombreux pays, reflète bien le bond en avant du surf marocain. On connaît la valeur de ses vagues depuis des décennies et l’on s’apprête à découvrir son potentiel de surfeuses et surfeurs.

Des filles dans l'eau, en combinaison moulante, au Maroc ? On aura tout vu ! La révolution est en marche et le pays verra bientôt d'un autre oeil ces gazelles des vagues. Hanane Lafram et Imane Zegraoui ont ouvert la voie, alors à quand une marocaine sur les podiums européens? Peut-être prochainement grâce aux nombreuses actions engagées localement et à des structures d'entrainement comme celle de Zouhair "Zouzou" Lakm à Safi.

Surf pour tous
Mais le long des côtes, le même écho retentit : “le Maroc manque de matériel“. Sur chaque spot, des gamins restent sur la plage, partagent parfois leurs planches entre potes et vont souvent à l’eau sans combis. Ils retrouvent au pic les touristes débarquant avec plusieurs planches ou les expatriés et nantis accédant à la plage en 4x4. “Quand j’étais jeune, je pensais que le surf était réservé aux riches“, dira même Rachid, le surfeur de la plage d’Aïn Diab de Casa. Un fossé que l’on rencontre de partout au Maroc et auquel le surf n’échappe pas. Et pourtant, on l’a dit, le terrain de jeu offert est proche, gigantesque et terriblement alléchant. Seul l’instrument fait défaut. Sans marché du surf, la pratique ne peut se démocratiser, arrangeant de fait les étrangers et favorisés qui ont surfé pendant des décennies entre eux.

Sur le spot de Tifnite, au sud d'Agadir, la championne de surf du Maroc, Hanane Lafram, se met à l'eau sous l'oeil ahuri des dromadaires.


Aujourd’hui, l’aura médiatique du surf fonctionne aussi au Maroc et les gosses rêvent de vagues. Les surfeurs de la troisième et de la seconde génération l’ont bien compris. Nombreux souhaitent transmettre leur passion et s’investissent dans des clubs et associations. Peinant à se faire reconnaître, parfois mal organisés, peu ont réussi des actions d’envergure, mais tous ont des exemples de gamins sortis de la galère grâce au surf. À Taghazout, Abdullah a fait découvrir la glisse à des centaines de jeunes, en échange de nettoyages de plages. L’association de Zine, à Casablanca (CSA), a permis à plusieurs garçons de se sortir d’un échec scolaire. La Mohammedia Surfing Association (MSA) a accueilli plusieurs jeunes en rupture familiale, ils se sont épanouis grâce au surf. De même à Essaouira où Jamal a échappé à la rue grâce à l’ASFE (Association des Surfeurs et Flysurfeurs d’Essaouira). Lui et le jeune Wallid de Mohammedia, respectivement 14 et 10 ans, sont aujourd’hui deux espoirs du surf marocain.

Du nord au sud, super ambiance sur les spots en compagnie des locaux pour celui qui n'arrive pas en conquérant. Terminé le temps où les jeunes du coin regardaientt les vagues dérouler depuis le bord, aujourd'hui, c'est à l'eau que ça se passe et tout le monde s'y met. Pour plus de tranquilité, faite comme Dan Billon et trouvez vous des spots plus discret comme ici à Tifnite.

Depuis la France aussi, des projets visent à rendre le surf accessible à tous. L’association Surfeurs Solidaires de Bayonne récolte du matériel et le répartit ensuite le long des spots. Son responsable, Iban Régnier, connaît bien le pays et tente de donner des combis et des planches à ceux qui sauront en faire bon usage. Son association s’est jointe dernièrement à une structure d’aide à l’enfance précaire de Salé, “fief des islamistes, où il faut agir“, selon Iban. Surfeurs Solidaires apporte du matériel et forme un moniteur de surf.
Les initiatives et les idées fourmillent de toutes parts, il leur manque souvent juste un léger coup de main pour démarrer. Certains l’attendent de l’industrie du surf, mais ceux qui ont déjà été en contact avec elle n’ont eu droit qu’à des promesses et des demandes de retour sur investissement. Le surf marocain est de toute façon prêt à se débrouiller différemment, ce qui lui permettra par la même de garder son âme. Il est déjà largement possible de réduire le fossé par des initiatives de solidarité. Organisées, comme Surfeurs Solidaires, mais aussi individuelles. En partant visiter les spots marocains, pensez à votre board du fond du garage, celle qui ne sert qu’une fois par an. La savoir usée jusqu’à la corde par une dizaine de gamins différents vous procurera probablement encore plus de sensations… Vous aurez aussi le bonheur d’avoir participé au déferlement de cette nouvelle vague, cette “mouja“ promise à un bel avenir … inch’allah !

L'âne Rhino peut faire sa tête de malheureux avec sa corne sur le nez, il ne portera pas nos boards aujourd'hui car on trace vers le sud et d'autres spots de folie.

Remerciements et contacts utiles
Toutes les personnes qui nous ont accueillis et guidés du nord au sud : Boumediene Omari, Khallil Medraoui, Rachid Fahmi et ses colocs, famille El Harim, Saïd de Rabat, Saïd “Burning“, “Tripping“ Martin, Thierry “kawa“ Bourneix, …
Office Marocain du Tourisme
Turquoise Surf Travel
Royal Air Maroc
Comarit (compagnie maritime assurant la liaison Sète-Tanger)
Surfeurs Solidaires : www.surfsolidaire.free.fr

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