Le
Maroc, nouvelle vague. Alors
que pendant quatre décennies seuls des surfeurs de passage et une
poignée de locaux profitent des vagues marocaines, le littoral
souvre depuis peu au plus grand nombre. Une quantité sans
cesse croissante de jeunes, filles et garçons, se jettent désormais
à leau le long des 3000 kilomètres de côtes
atlantiques. De nombreuses associations et clubs les aident à progresser
et à démocratiser le surf, dans un pays aux inégalités
encore frappantes.
Abdel
El Harim, 21 ans, l'enfant prodige du surf marocain, est actuellement
dans le top 10 du surf européen. Après un début
de saison sur les chapeaux de roues lors de son premier hiver hawaiien,
il score sa première couverture d'un magazine de surf (TripSurf
magazine mai 2006). Souhaitons lui de devenir le premier marocain
à entrer sur le circuit mondial WCT.
Une
vieille histoire
Mehdia, novembre 2005. Les premières grosses houles automnales
pointent leur nez et les beach-breaks du nord saturent. Nous rejoignons
alors lune des seules vagues surfables du coin, une gauche massive
et boueuse qui déroule à lembouchure de loued
Sebou. Amassés sur la digue, des centaines de badauds assistent
au spectacle offert par locéan et les locaux de Kenitra et
Mehdia. La plupart des curieux avouent quils ont récemment
découvert ce drôle de jeu avec les vagues. Aucun ne manquerait
désormais la vision de ce tube continu rentrant dans les terres,
lors de rares journées hivernales. Et pourtant, le surf ici ne
date dhier. Ce lieu chargé dhistoire, qui a vu nombre
de naufrages et de batailles, est aussi le berceau du surf au Maroc. Haut
lieu stratégique, Kénitra fut lun des centres névralgiques
du protectorat français. En 1912, un certain maréchal Lyautey
a décidé de léquiper dun port militaire
et de commerce, puis dune base pour hydravion en 1928. Quel rapport
avec le surf marocain ? Justement, ça arrive, puisque cette
base française, puis franco-américaine, verra linstallation
de centaines de GIs et de militaires français. C'est Claude Berard, un pompier civil employé à la base, qui apportera au Maroc la première
planche. Il la partagera avec Henri Coggia, Pierre Chalaud et Aboud Kabbour dit Mamoune,
lun des maîtres nageurs de la plage. Nous sommes en 1960,
quelques années seulement après la naissance du surf au
pays basque. Très vite, le potentiel marocain est diffusé,
les premiers touristes surfeurs débarquent. Beaucoup sont des australiens
fuyant leur pays et la loterie à lenrôlement vers la
guerre du Vietnam. Certains restent même plusieurs années
à Mehdia. Plus tard, le Maroc devient un lieu de pèlerinage
pour hippies et attire aussi son lot de surfeurs plus ou moins baba, et
de baba plus ou moins surfeurs. Lhiver poussera les voyageurs toujours
plus au sud. À chaque étape, le virus se transmet aux marocains
par le biais de ces trippeurs. Ceux qui oseront les aborder seront les
surfeurs de la première génération, essentiellement
constituée de français du Maroc, les seuls ayant les moyens
de soffrir une planche. Les années 70, avec le développement
du tourisme, verra une seconde génération émerger,
plus populaire. Cest celle de Boumediene Omari, lactuel gérant
de lécole de surf de Mehdia, Atlantic Mehdia Surfing. Il
raconte cette belle époque avec les yeux qui brillent :
du Nord au Sud, tous les surfeurs se connaissaient. À Mehdia,
nous étions une bonne équipe de fous furieux. Des
photos jaunies fleurant bon la fin des 70s et le début des
80s (boardshorts fluos et planches épaisses) circulent. Souvenirs
dune bande joyeuse surfant dans le Nord, et défrichant les
spots du sud, alors encore vierges.
Boumedienne
Omari fait partie des surfers de la seconde génération.
Il a monté l'école de surf Atlantique
Mehdia Surfing dans le berceau du surf marocain, Mehdia-Plage.
Un spot très consistant du nord du Maroc, situé à
quelques encablures d'un joli point-break déroulant entre les
énormes digues permettant d'accéder au port de Kénitra
lorsque la mer est grosse.
Développement
poussif
Et aujourdhui, qui sont les surfeurs marocains ? Que sont par
exemple devenus les membres de la bande à Boumediene, alias Boum-Boum ?
Sur la photo qui regroupe une douzaine de jeunes, seuls deux sont restés
au bled. Tous les autres sont partis à létranger,
en Europe ou aux États-Unis. Toute cette 2ème génération
qui a appris au contact des premiers surfeurs de passage sest évaporée,
embarquée, probablement grâce à la liberté
offerte par la glisse, dans une quête dun monde meilleur.
Etoile
verte au centre d'un drapeau rouge, les couleurs marocaines flottent
sur Rabat. Juste sous la médina de la capitale, dans l'embouchure
de l'Oued Sébou, déroule la vague de Doura. Ne vous
fiez pas aux apparences car la photo est prise de loin, un coup de
zoom vous permettra de distinguer une autre étoile locale,
Abdel El Harim, en grabrail dans le tube sur cette droite qui l'a
vu grandir.
Ainsi,
peu dinfrastructures ont été mises en place au fil
des années. Alors que le surf a débuté en même
temps quen France, il nexiste aucun shaper, aucune marque
de fringue et les shops se comptent sur les doigts dune main. Pour
Rachid, surfeur de Casablanca, tout est lié, car un bon surfeur
a besoin dun shaper pour progresser, et dune marque pour le
soutenir. Pour lui labsence de champions au niveau international
pendant longtemps vient de là. Ici, on ne trouve que des
planches doccase ou de série, mais pas de sur-mesure, difficile
de continuer à progresser sans planches adaptées.
Bien que les marocains soient friands de compétitions, courantes
sur leurs spots, il aura fallu attendre plus de 40 ans pour voir le premier
enfant du Maroc accéder au circuit international de surf. Abdel
El Harim, 20 ans, a débuté à Rabat, sa ville natale,
grâce à son grand frère, lui-même surfeur. Il
se fait remarquer à la fin des années 90 par lun des
meilleurs surfeurs de lépoque, Karim Rèh
Chaibat. Celui-ci lui propose de venir sentraîner à
Agadir quelques mois et là se produit le premier déclic.
Champion du Maroc de 1995 à 2000, il attire lattention de
Rip Curl par loeil de Joël alias Nabot, local de
la Grande à Biarritz, en voyage dans le sud marocain. La marque
vient le chercher à Rabat et lui propose de venir surfer en France
une partie de lannée. Son père accepte que son fils
passe de 6 à 8 mois par an à Hossegor, où il aura
enfin loccasion de se confronter aux meilleurs. Les vagues
ici sont fabuleuses, mais il me manquait lémulation nécessaire
pour progresser, cest ce que jai trouvé dans les Landes.
On connaît depuis le parcours de lenfant prodige : qualifié
en WQS depuis 2004, il se classe 17ème sur le circuit EPSA. Fin
2005, lors de son premier trip à Hawaï, il obtient une wild
card pour participer aux trials du Pipe Pro. Confronté à
chaque tour à des Hawaïens connaissant parfaitement Banzaï
Pipeline, il accède aux quarts de finale avec la manière,
recueillant 8,67 points sur sa meilleure vague.
Incroyable,
un surfer seul au bottom de la vague un jour pareil au spot du "Billet
de 10000". Drôle de nom pour un spot, il vient de l'usine
de retraitement de phosphate qui figurait sur l'ancien billet de 100
dirhams. Un autre nom de ce spot est "cacheton", sans doute
en raison de la couleur de l'eau et de l'écume aux alentours
des larges tuyaux d'évacuation d'eau. Selon les locaux il n'y
a aucun risque à surfer ce spot, malgrés leurs certitudes
et les magnifiques vagues, aucun de nous n'osa les suivre au peak
ce jour là...
Relève
bien présente
Son itinéraire a permis au grand public de son pays de découvrir
le surf. Ce dont Abdel est le plus fier est de servir dexemple et
de motivation auprès des jeunes marocains. Il ne vient pas dun
milieu aisé, mais a réussi à percer, ce qui montre
à chaque surfeur quune chance lui est offerte. Et la relève
est effectivement bien présente ; du Nord au Sud, on aperçoit
des minots qui déchirent : Yassine Ramadani, alias Mon
bébé est présenté comme le digne héritier
dAbdel. Les médias lont vite repéré et
un sujet pendant le Dakar 2005 lui a même été consacré
sur France2. Tout aussi motivé, Ramzi Boukhaya, 12 ans, a déjà
participé à des compétitions dans le sud-ouest français
et sy est fait largement remarquer. À Safi ou à la
Pointe des Ancres, nous lavons vu surfer backside et sans complexes,
trouvant bien sa place au milieu de quarante autres surfeurs.
Des
kids à l'eau, tous le long de la côte. Safi, Anchor Point,
Mehdia, Casa, Rabat, tout du long de notre périple nous verrons
des jeunes surfers envoyer surf tous les spots. Parfois, ils ont la
chance d'avoir des sponsors ou une famille aisée et peuvent
s'offrir du bon materiel mais bien souvent, la soif de vagues s'éponge
avec les maigres moyens du bord à l'image du petit Wallid,
une valeur montante du Mohammedia Surfing Associationa (photo Nicolas
Rousson/Wavetrotter)
Pour
permettre aux jeunes de progresser, des écoles et des clubs de
surf ont vu le jour sur toutes les plages. Depuis 2000, leur nombre est
en explosion. Toutes ces structures permettent également dofficialiser
le surf auprès du grand public, et ainsi louvrir à
tous. Cest aussi lun des objectifs de la jeune fédération
de surf car pendant longtemps, les clichés les plus négatifs
sont restés collés aux basques des surfeurs du Maroc. Avec
pour conséquence, notamment, labsence de filles sur les vagues,
aucun parent ne souhaitant voir traîner sa progéniture avec
une bande de frimeurs mal élevés fumeurs de pétards
Des
vagues comme celle ci, l'immense littoral marocain en recèle
des dizaines. Le surfer de Casablanca, Rachid Fahmi en profite bien
et se cale dans un joli barrel grabrail comme on aimerait en scorer
plus souvent.
Une
place pour les filles
Mais tout na pas changé du jour au lendemain, et les traditions
culturelles et religieuses ont laissé beaucoup de jeunes filles
attirées par le surf sur le carreau Cela aurait pu être
le cas dHanane, si elle avait écouté son père
lui interdisant de toucher à une planche. Native de Mohammedia,
ville au nord de Casablanca, elle a grandi sur la plage des Sablettes
et a vu les meilleurs surfeurs du Maroc y progresser. À force de
rester à les observer, elle décide à 19 ans de se
jeter à leau. Depuis, rien na pu larrêter,
pas même son paternel : qui ma frappé et
ma cassé la planche pour mempêcher de surfer.
Quelques années plus tard, elle devient championne du Maroc et
sapprête prochainement à participer à sa première
compétition européenne. Hanane a dû couper tout contact
avec son père pour assouvir sa passion, mais son exemple a permis
à dautres adolescentes de partir surfer à leur tour.
Et dans un pays où limmense majorité des femmes est
voilée, ce combat pour le droit aux vagues est rude. Beaucoup ne
comprennent en effet pas comment une fille peut traîner avec quasi
exclusivement des garçons, se changer sur un parking ou une plage
et surfer en bikini ou en combi moulante. Le Maroc se trouve dans une
phase où tradition et modernité se côtoient et se
confrontent chaque jour et de partout. Pour les jeunes, il est forcément
difficile de passer de lun à lautre sans froisser personne.
Aujourdhui, les compétitions rassemblent toujours plus de
gazelles, mais leur nombre est encore extrêmement limité
sur les vagues marocaines. Quand on sait que la plus de la moitié
des habitants vit à moins dune heure du littoral, on imagine
limmense potentiel.
Un
petit pas dans l'eau pour Hanane Lafram mais peut-être un grand
pas pour l'évolution de la condition de la femme au Maroc !
Hanane et Imane ont le surf dans la peau, elles vivent surf, pensent
surf et parviennent à se faire accepter sur les bons spots
comme la Pointe des Ancres à Taghazout (photo droite : Imane
Zegraoui au take off).
On
la vu pour les garçons, la relève est bien là
et nattend quun petit coup de pouce de sponsors. Pour les
filles, tout reste à faire et Zouhair Lakm, alias Zouzou la
bien compris. A Safi, il vient de monter une école pour filles.
Une initiative réellement hallucinante quand on connaît le
contexte culturel du pays. Je souhaitais monter un pôle dentraînement
pour les jeunes filles, avec lobjectif den amener quelques
unes à un niveau international dans les quatre ans à venir.
Lancien moniteur de lécole Surfland de Oualidia se
rend vite compte que les parents ne laisseraient jamais leurs gamines
venir surfer. Le père de lune delles confie :
je craignais surtout que ma fille ne devienne trop passionnée
par le surf, et quelle quitte lécole, comme jai
vu tant de jeunes de Safi le faire. Zouzou passe alors beaucoup
de temps à sensibiliser les parents, à leur montrer que
le surf peut être différent de limage quil véhicule.
Il monte une structure de fitness pour enfants et attire ainsi de nombreuses
jeunes filles dans sa salle de gym. Quand les conditions le permettent,
il les emmène sentraîner sur la plage. Très
vite, il déniche quelques combis et planches et met ses futures
championnes à leau. Le plaisir de la glisse fait le reste :
dès que les conditions sont là, aucun des enfants
ne veut manquer mes cours de surf. Les parents réticents
sont venus voir leur progéniture et ont vite compris que surfer
pouvait être aussi un sport comme un autre, avec la passion utilisée
positivement.
Cet exemple de structure, inédite dans de nombreux pays, reflète
bien le bond en avant du surf marocain. On connaît la valeur de
ses vagues depuis des décennies et lon sapprête
à découvrir son potentiel de surfeuses et surfeurs.
Des
filles dans l'eau, en combinaison moulante, au Maroc ? On aura tout
vu ! La révolution est en marche et le pays verra bientôt
d'un autre oeil ces gazelles des vagues. Hanane Lafram et Imane Zegraoui
ont ouvert la voie, alors à quand une marocaine sur les podiums
européens? Peut-être prochainement grâce aux nombreuses
actions engagées localement et à des structures d'entrainement
comme celle de Zouhair "Zouzou" Lakm à Safi.
Surf
pour tous
Mais le long des côtes, le même écho retentit :
le Maroc manque de matériel. Sur chaque spot, des gamins
restent sur la plage, partagent parfois leurs planches entre potes et
vont souvent à leau sans combis. Ils retrouvent au pic les
touristes débarquant avec plusieurs planches ou les expatriés
et nantis accédant à la plage en 4x4. Quand jétais
jeune, je pensais que le surf était réservé aux riches,
dira même Rachid, le surfeur de la plage dAïn Diab de
Casa. Un fossé que lon rencontre de partout au Maroc et auquel
le surf néchappe pas. Et pourtant, on la dit, le terrain
de jeu offert est proche, gigantesque et terriblement alléchant.
Seul linstrument fait défaut. Sans marché du surf,
la pratique ne peut se démocratiser, arrangeant de fait les étrangers
et favorisés qui ont surfé pendant des décennies
entre eux.
Sur
le spot de Tifnite, au sud d'Agadir, la championne de surf du Maroc,
Hanane Lafram, se met à l'eau sous l'oeil ahuri des dromadaires.
Aujourdhui, laura médiatique du surf fonctionne aussi
au Maroc et les gosses rêvent de vagues. Les surfeurs de la troisième
et de la seconde génération lont bien compris. Nombreux
souhaitent transmettre leur passion et sinvestissent dans des clubs
et associations. Peinant à se faire reconnaître, parfois
mal organisés, peu ont réussi des actions denvergure,
mais tous ont des exemples de gamins sortis de la galère grâce
au surf. À Taghazout, Abdullah a fait découvrir la glisse
à des centaines de jeunes, en échange de nettoyages de plages.
Lassociation de Zine, à Casablanca (CSA), a permis à
plusieurs garçons de se sortir dun échec scolaire.
La Mohammedia Surfing Association (MSA) a accueilli plusieurs jeunes
en rupture familiale, ils se sont épanouis grâce au surf.
De même à Essaouira où Jamal a échappé
à la rue grâce à lASFE (Association des Surfeurs
et Flysurfeurs dEssaouira). Lui et le jeune Wallid de Mohammedia,
respectivement 14 et 10 ans, sont aujourdhui deux espoirs du surf
marocain.
Du
nord au sud, super ambiance sur les spots en compagnie des locaux
pour celui qui n'arrive pas en conquérant. Terminé
le temps où les jeunes du coin regardaientt les vagues dérouler
depuis le bord, aujourd'hui, c'est à l'eau que ça
se passe et tout le monde s'y met. Pour plus de tranquilité,
faite comme Dan Billon et trouvez vous des spots plus discret comme
ici à Tifnite.
Depuis
la France aussi, des projets visent à rendre le surf accessible
à tous. Lassociation Surfeurs Solidaires de Bayonne récolte
du matériel et le répartit ensuite le long des spots. Son
responsable, Iban Régnier, connaît bien le pays et tente
de donner des combis et des planches à ceux qui sauront en faire
bon usage. Son association sest jointe dernièrement à
une structure daide à lenfance précaire de Salé,
fief des islamistes, où il faut agir, selon Iban. Surfeurs
Solidaires apporte du matériel et forme un moniteur de surf.
Les initiatives et les idées fourmillent de toutes parts, il leur
manque souvent juste un léger coup de main pour démarrer.
Certains lattendent de lindustrie du surf, mais ceux qui ont
déjà été en contact avec elle nont eu
droit quà des promesses et des demandes de retour sur investissement.
Le surf marocain est de toute façon prêt à se débrouiller
différemment, ce qui lui permettra par la même de garder
son âme. Il est déjà largement possible de réduire
le fossé par des initiatives de solidarité. Organisées,
comme Surfeurs Solidaires, mais aussi individuelles. En partant visiter
les spots marocains, pensez à votre board du fond du garage, celle
qui ne sert quune fois par an. La savoir usée jusquà
la corde par une dizaine de gamins différents vous procurera probablement
encore plus de sensations Vous aurez aussi le bonheur davoir
participé au déferlement de cette nouvelle vague, cette
mouja promise à un bel avenir inchallah !
L'âne
Rhino peut faire sa tête de malheureux avec sa corne sur le
nez, il ne portera pas nos boards aujourd'hui car on trace vers le
sud et d'autres spots de folie.
Remerciements et
contacts utiles
Toutes les personnes qui nous ont accueillis et guidés du nord
au sud : Boumediene
Omari, Khallil Medraoui, Rachid Fahmi et ses colocs, famille El Harim,
Saïd de Rabat, Saïd Burning, Tripping
Martin, Thierry kawa Bourneix, Office Marocain
du Tourisme Turquoise Surf
Travel Royal Air Maroc Comarit (compagnie
maritime assurant la liaison Sète-Tanger) Surfeurs
Solidaires : www.surfsolidaire.free.fr
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