| Windsurf au Maroc - Boujmaa au pays des 1001 vagues.
Lorsqu'en hiver, les grosses tempêtes font rage sur l'Atlantique nord, foncez vers le sud, vous n'êtes qu'à quelques heures de vol de sessions mémorables. Lorsque les vents glacés vous font souffrir le martyr et transforment vos mains en bloc de givre, tout ce dont vous avez besoin ce sont des vacances au chaud sous le soleil. Tracez vers le sud, venez parcourir la côte marocaine en compagnie de Boujmaa Guilloul, vous ne le regretterez pas !..
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Les prévisions annoncent une grosse houle et du vent, embarquez pour un trip express au Maroc en compagnie de Boujmaa et ses potes. |
Chap. 1 - le génie sans frotter.
C'était vraiment une bonne idée que Boujmaa avait eue en achetant cette vieille lampe à un drôle de marchand dans la médina d'Essaouira dans le but de l'offrir à son pote Fettah pour l'ouverture de son restaurant. Le vendeur avait dit que la lampe ne marchait pas super bien, qu'elle était un peu spéciale. Et pour être spéciale, c'est sûr qu'elle l'était. Pour l'emmener à Moulay, Boujmaa avait mis la lampe dans le coffre de sa vieille Peugeot 505, juste à coté d'une vieille combine trempée et un peu crade. Quelques kilomètres plus loin, il avait du s'arrêter sur le bas coté en raison d'une drôle de fumée verdâtre que sortait de l'arrière de sa caisse. Il avait alors ouvert le coffre pour se retrouver nez à nez avec un drôle de bonhomme. Petit, bronzé, une boucle d'oreille tête de mort dans l'oreille, les cheveux blond comme bouffés par le sel, il avait tout l'air d'un mini Robby mais lisez la suite. Je ne sais pas si vous avez déjà entendu parler de la Théorie du Chaos (*), l'une de ses plus célèbre image est que le simple battement d'ailes d'un papillon pourrait provoquer un ouragan, de l'autre coté du globe, on appelle cela la dépendance aux conditions initiale. Le mec de la lampe, qui voulait maintenant être appelé un génie, dit à Boujmaa qu'il pouvait lui changer la vie, que chaque fois qu'il le souhaiterait, il ferait en sorte qu'un papillon batte des ailes pour créer une tempête en Atlantique. Les dix jours suivants, rien ne se passa mais le onzième, Fettah appela son pote pour lui dire que Moulay envoyait comme jamais, avec de gros bowls parfaits et un vent side pleine balle. Les jours suivants, les deux gaillards se gavèrent de sessions incroyables le long de la côte. Le petit type était un vrai magicien et méritait vraiment son appellation de génie. Dorénavant, chaque fois qu'ils voudraient naviguer, tout ce qu'ils auraient à faire c'est choper la lampe et la frotter avec un bout de combine trempée qui pue un peu. La conséquence directe de leur petit jeu fut une succession ininterrompue de dépressions plus creuses les unes que les autres au dessus de l'Europe. De la flotte, du vent violent, un temps pourri qui dura des mois, un vrai cauchemar de photographe. Mais les deux riders avaient ils seulement une idée de ce qu'ils faisaient endurer à des millions d'individus pour leur bon plaisir ? Pas le moindre, à n'en pas douter, tellement occupés qu'ils étaient à se gaver. Un matin, je reçu un coup de fil de Boujmaa m'annonçant que de bonnes conditions arrivaient sur le Maroc, que je ferais bien de prendre un billet pour la semaine à venir. Un rapide coup d'oeil à la météo plus tard, je me dis que le garçon, excellent rider au demeurant, n'était pas encore prêt pour prendre la place d'Evelyne Dheliat à la météo. Pourtant, les jours suivants, une vaste zone dépressionnaire commença a se former sur l'Atlantique, La FNMOC annonçait même du potentiel sur le nord ouest de l'Afrique. Le marocain volant avait donc raison, il me fallait l'adresse de son nouveau site web. Ca allait envoyer le bois au Maroc et la seule solution pour prendre part à la fête était un vol de trois heure vers Marrakech. Une heure plus tard, le billet électronique était débité sur ma Visa.
(*) La Théorie du chaos: vers une nouvelle science (Broché) de James Gleick, 1987.
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A peine débarqués de l'avion que nous voilà dans une voiture en direction du sud et de ses spots peu connus |
Chap 2 - En route
Alors que l'avion filait tranquillement à 900 km/h au dessus de l'Espagne, j'eu une pensée pour mes potes restés en France. Ils marquaient un point en disant que la dépression annoncée allait envoyer des conditions de fou. Mais pour la photo, ça serait une semaine de plus à courir après la lumière. Mes appareils avaient besoin de soleil, cette petite escapade hivernale leur ferait le plus grand bien. Le Maroc a toujours été une virée facile pour les riders européens. Mettre un pas en Afrique, pour quelques kilomètres de plus que le classique trip à Tarifa. Pas trop près pour assurer le dépaysement minimum mais pas trop loin non plus, ça rassure au début. Le pays offre de bonnes et consistantes conditions de nav' doublées d'une vie pas chère et d'une très riches diversité culturelle ouverte aux curieux désireux de voir plus loin que le bout de la plage. Essouaira, la Mecque du windsurf local, agit comme un aimant sur les windsurfers depuis plus de 20 ans en raison de ses super statistiques de vent. Les portes du désert ont quant à elles été ouvertes depuis que Dakhla est médiatisé. Entre les deux villes, 1500 km de côte idéalement exposée n'attendent que vous. Quel potentiel !!
L'atterrissage à Marrakech me sorti de mes doux rêves de découverte. Il était 23h, je devais maintenant choper un taxi pour Essaouira afin d'être dans les temps pour l'aventure du lendemain. Trois heures de route, un peu de sommeil et l'appel matinal du muezzin plus tard, j'étais assis face à Boujmaa devant un verre de thé à la menthe, de l'huile d'argane et du pain frais à tremper dedans. Bienvenu au Maroc me murmura ma première gorgée de thé brûlant. Le programme du jour consistait à tracer sur Moulay, au nord, pour choper les locaux Soufiane et Fettah, échanger la 505 contre une bagnole fiable, pour ensuite filer vers le sud et la promesse de nouveaux spots.
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Première étape du périple et navigation jusqu'à la nuit sur le spot de la Cathédrale à Imessouane. Vent 40 à 50 noeuds, la mer fume, vagues 2m++ dans la baie. Le lendemain matin, petit déj' dans un bar-épicerie des environs de Taghazout |
Malgré le vent dans le dos Il nous fallu beaucoup plus de temps que prévu pour rejoindre notre premier spot. A chaque route vers la droite, nous tournions pour voir ce qui nous attendait au bout : souvent de hautes falaises avec un beach break tout en bas, ou bien un petit village de pêcheurs abritant une belle vague malheureusement cachée du vent par une pointe trop haute... Juste avant le couché du soleil, le spot de la Cathédrale nous ouvrit enfin les bras, une large baie sablonneuse au sud d'une petite pointe rocheuse. Au large, la mer étaient blanches d'écume soufflée par le fort vent du nord. Le line-up était un peu en chantier, il manquait de repères mais Fettah et Boujmaa avaient besoin d'action après cette longue journée de caisse. Avec entre 40 et 50 noeuds dehors, ils prirent leur 4.0m et foncèrent à l'assaut de la bête... Les conditions n'était pas si mauvaises, quelques gros sets barraient presque la baie parfois mais malheureusement pour nous, la meilleur vague des environs, située dans la baie suivante, ne marchait pas vraiment. Avec un swell plus gros et malgré la construction d'un petit port et de sa digue dans l'anse quelques années plus tôt, la vague avait gardé un vrai potentiel. Elle était creuse rapide et longue au point de pouvoir la surfer sur plusieurs centaines de mètres. Lorsque l'endroit marchait à plein régime, la vue du line-up depuis la falaise était une hallucination pour tout surfer qui se respecte.
Soufiane et moi étions les derniers sur le parking lorsque les boys sortirent de l'eau bien après la nuit. Seuls dans le vent hurlant entre les baraques de pêcheurs, nous pouvions voir les surfers bien au chaud dans les vans en train de bouffer des plats de pâtes. Dans le village désert, il n'y avait pas de boutique ou d'hôtel, nul part où trouver un truc à manger, nul part où dormir. Notre seule solution était de reprendre la route vers Taghazout où nous étions certain de trouver un lit pour la nuit. Une heure de route sinueuse et quelques coups de fil plus tard, nous étions vautrés sur de gros sofas, un bout de pain dans la main droite, devant un succulent tajine au poulet.
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Une belle petite droite qui déboite. La vague est habituellement gavée de surfers mais avec un vent pareil, même off-shore, pas moyen de choper la moindre vague à la rame. Le spot est à déconseiller aux débutants, entrées et sorties de l'eau très techniques. |
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Chap 3 - Une droite qui déboite
Peu importe le temps, aujourd'hui on peut dormir tard. Boujmaa et Fettha profite du temps libre en ronflant bruyamment pendant que j'allais voir la mer pour checker les conditions. La baie de Taghazout recèle quelques uns des meilleurs point breaks du pays. Anchor point, Killer point, si ces noms ne vous disent rien, passez au reportage suivant. Coté vent par contre, le Cap Ghir au nord et la petite chaîne de montagne derrière bloquent les vents de nord, peu de chance donc que nous puissions rider ces droites légendaires en wind. Pour trouver des vagues rideables il faut donc, soit descendre vers le sud et le désert, soit remonter vers le nord où Fettah et Boujmaa avaient scoré de bonnes sessions quelques semaines auparavant. Après une trentaine de kilomètres, nous stoppons en bord de route devant une droite moyenne. Elle casse sur la roche le long d'une petite falaise. Quelques belles séries passent, des surfers sont à l'eau mais un vent, très léger, souffle du sud et rend la vague un peu molle. Au large pourtant, la tempête de nord fait rage. Une demi-heure plus tard, elle semble s'être rapprochée de nous. En attendant que ça rentre, nous filons acheter quelques fruits dans la petite vallée de Tamri un peu plus au nord le long de la côte. La petite baie est un chantier indescriptible, les vagues cassent loin au large, dans tous les sens. Dans la plantation, les bananiers sont secoués par les rafales puissantes. Etonnant l'effet qu'un relief peut avoir sur le vent car à notre retour de l'autre coté, le vent est toujours super light et vient du sud... Vers 13h, la zone de vent a pratiquement atteint le peak où il rentre side off tribord, tous les surfers sortent de l'eau à cause du vent trop violent dans la zone de take-off. A 14h, le peak est tribord, l'inside bâbord, le puissant vent off shore creuse la vague de façon impressionnante, les boys commencent à gréer. Trente minutes plus tard Boujmaa fait une tentative. C'est chaud, il hésite quelques minutes devant l'épais shorebreak qui casse sur la dalle avant de se lancer. Au large, les rafales approchent les 50 noeuds, la mer est blanche, des petits tourbillons d'écume se forment parfois dans les risées. Il assure le Bouj' dans ces conditions difficile. Il prend quelques belles vagues avant de se faire coincer dans l'inside par une série et terminer sa course dans les blocs. La qualité du vent et des vague s'améliore avec la marée montante, C'est au tour de Fettah de tenter sa chance. Il gagne le large en se faufilant entre les sets pour choper une très belle vague outside. Au bord, Boujmaa ne tient pas longtemps avant de rejoindre son pote. Les deux compères s'en donnent à coeur joie dans ces conditions dantesques enchaînant les gros bottoms sous les sections et de quelques jolis mais rares off the lip, très délicats à placer dans le vent très offshore. Une superbe série arrive, Fettah prend la première, Boujmaa la troisième. Down the line à fond pour passer les sections du fond, ils envoient quelques jolis moves devant la falaise avant de se retrouver sans vent dans l'inside. Bon apétit, le premier arrivé est le premier servi. Fettah en prend pour son grade en se faisant brasser par les vagues de la série. Bouj' n'est en reste, il passe quelques canards avec son matos avant de se faire tout bonnement éjecter de l'eau manu militari par le shorebreak. Fettah laissera un bout de voile aux poulpes cachés dans les crevasses, son compère ne lâchera rien si ce n'est quelques bouts de board.
Le soleil se couchant, il était temps de tout remettre sur le toit pour continuer la quête. Les prévisions étaient encore bonnes pour les jours à venir et la route encore longue pour débusquer de nouveaux spots, shooter de nouvelles vagues. Nous n'étions qu'au début de l'aventure et les boys n'avaient encore rien montré de l'étendu de leurs talents.
De retour à Essaouira quelques jours plus tard, alors que je sortais mes affaires du coffre de la 505, je remarque une petite lampe cabossée planquée derrière un vieux harnais. "Hey, ça serait pas la lampe d'Alladin" demandais-je à Boujmaa en lui montrant la lampe. "Ca ? Non, juste un cadeau pour la déco du resto de Fettah à Moulay" me répondit t-il, un petit sourire discret sur le visage...
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Des vagues d'une taille descentes + un vent parfaitement side = le marocain volant en action. |
Road Book
Le Maroc et la région d'Essaouira en particulier ont toujours été une destination facile pour le windsurf. Vie pas chère, langue commune, climat doux, super stat de vent et vagues. Pourquoi chercher plus loin ce que l'on a (presque) chez soi ?
Le pays
Capitale : Rabat
Pop. : 33 000 000 ha
Fuseau horaire : GMT
Langue : Arabe, Français, Espagnol
Religion ; musulman (98%)
Monnaie : le Dirham marocain : 10 Dirham = 1 €
Santé : pas de vaccin obligatoire, attention à l'eau, lavez vous les mains avant de manger. Quelques cas de tourista carabinée...
Météo
Le vent dominant est le vent de secteur nord, la houle de nord-ouest frappe de plein fouet la côte. L'hiver est très consistant pour la houle, alors que le vent est sencé y être moins fort qu'en été.
Température de l'eau : 15-16°C en hiver, 20-22°C en été. ajoutez quelques degrés pour Agadir.
Y aller
En avion : la plupart des villes marocaines sont déservies par la compagnie nationnale, Royal Air Maroc, très correcte. Pour suivre les conseils de Boujmaa, nous avons essayé Atlas Blue, l'une des compagnie les moins chères desservant Marrakech. Autre point fort, ils ne chargent que 25€ par boardbag. Vous aurez ensuite à louer une voiture à l'aéroport (de 20 à 60€/j) ou bien prendre le taxi jusqu'à Essaouira (60€ avec le matos).
Par la route : tracez jusqu'à Tarifa, prenez le ferry au port voisin d'Algeciras pour Tanger ou Ceuta. Attention à la route au Maroc, c'est parfois très rock&roll. Les poliiciers sont sous payés, très présent sur la route. Ils sont par ailleurs équipés de jumelles radars... Respectez les consignes de vitesse à la lettre.
Où dormir
A Taghazout et Essaouira, de nombreux jeunes proposent des logements à louer. En dehors de la pleine saison, vous trouverez toujours un endroit où dormir à pas trop chère. Sur Taghazout, les maison le long de la pointe des Ancres sont un peu plus onéreuses mais le petit déj avec vue sur la droite vaut son pesant de cacahuète. Sur Moulay, vous pouvez demander des info au resto de Fettah, le Lawama (darlawama@yahoo.fr). Les tripers en van n'auront pas de soucis pour trouver un endroit où dormir. Attentions aux vols dans le coin de Taghazout.
Quelques mots
bonjour : salam
au revoir : besslama
merci : choukran
combien ca coute : bch’hal ?
prend soin de toi : thala frasek
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