Bienvenu
en Bretagne, une région largement sous estimée du paysage
surf français, un pays où les locaux partent en trip tous
les jours pour aller surfer. Lautomne, saison surf par excellence,
approche, le festin de vagues armoricain va bientôt débuter,
voici une mise en appétit. Les boards et combards sont déjà
dans la caisse, prenez place et en route pour ce road trip en pays breton,
degemer mat e Breizh...
à la recherche du spot parfait...
Cette histoire sest déroulée il y a près de
trois ans mais aurait parfaitement pu se passer la semaine dernière
ou chaque fois quune grosse dépression approche la région
maritime de lOuest Irlande. Ce jeudi matin, la houle arrivait à
peine sur la côte Ouest bretonne, deux bons potes et moi avions
décidé de prendre quelques journées off pour cruiser
et scorer quelques bonnes vagues. Le vent était de secteur Est,
nous avons donc pris la direction de la prequïle de Crozon,
à quelques 70 km de Brest. Près dune heure plus tard,
nous y étions, ridant des vagues sablonneuses et pêchues
dun bon mètre sur la plage de Lostmarch. La marée
remontait rapidement, nous décidons alors dattendre la pleine
mer afin de se taper une rapide session sur le spot voisin de la Palue
avant de rentrer sur Brest. Vers 3 heures, le vent tourne Sud Est (Side
offshore) signalant lapproche de la dépression, la houle,
toujours en hausse comme lannonçait le web, nous a permis
de nous caler quelques bons murs liquides avant la nuit. Les jours suivant
sannonçaient très prometteurs aux vues des prévisions,
si prometteurs même que lon commençaient à caresser
lespoir de surfer quelques uns de ces nombreux spots qui ne semblent
marcher quune fois par an.
jour
J ?
Le matin suivant était hors contrôle : le vent de Sud Ouest
soufflait à décorner les boeufs dans les rues de Brest (dépression
toute proche) et une longue houle de près de 6m saturait la majorité
des spots de la pointe Bretagne. Il faisait encore nuit et nous étions
déjà tous les trois dans le gros break de Fanch en train
de rouler sous un déluge vers Douarn, 100 km plus au Sud.
Pas le temps dappeler sur place pour avoir des infos, de toutes
façons, il était trop tôt, les locaux dormaient encore
et contrairement au dicton : en surf, moins on est de fous, plus on rit
! Ce point break de gauche, tout le monde en rêve par ici et un
jour comme celui là, le spot promettait dêtre LE spot.
Ce nétait malheureusement pas le cas et il nous aura fallu
une longue heure et demi de caisse pour le découvrir. A cette époque,
cette gauche avait quelque chose de mystique pour nous, offrant parfois
des heures de vagues à raz la caillasse, dautres fois rien
du tout avec ce quil nous semblait être exactement les même
conditions de houle. Nous savons maintenant que quelques degrés
dans lorientation du swell suffisent à transformer une journée
potentiellement dingue en un flop retentissant, lexpérience
paie toujours...
la quête
continue!
Nous nétions pas les seuls sur le parking et devant ce magnifique
râteau que la Nature nous avait lancé à la face, la
plupart des mecs, dégoûtés, voulait rentrer se coucher.
Sans doute trop vexés davoir fait tant de route pour rien,
nous préférons reprendre la route et retraverser la moitié
de la Bretagne vers Locquirec où un bref coup de fil nous avait
signalé quelques jolies vagues. Et cest reparti pour une
heure de conduite sur les petites routes traversant la chaîne des
Monts dArrêts (plus de 300m daltitude tout de même),
pas pour rien cette fois car nous scorons de bonnes vagues pour ensuite
rentrer sur Brest physiquement ruinés par tant de route. Samedi,
le point break de la veille a envoyé des gauches toute la journée
mais la foule des grands jours était au rendez-vous, bataillant
la priorité en partant dans les blocs. Chaud devant les take-offs
entre les rochers ! Tous les hot surfeurs bretons étaient là
mais le festin se fit sans nous. Trop loin, trop cher en essence ? Par
vraiment, car grâce à quelques sympathiques locaux rencontrés
la vieille, nous avions trouvé un joli spot sur la côte nord
avec des vagues de qualité rien que pour nous. Nous avons surfé
dans le coin toute la journée, changeant de spot au gré
de la marée. Dimanche, la dépression est passée,
la houle en forte baisse sous une fin de ciel de traîne et un vent
de Nord Ouest tournant Nord. Marre de rouler dautant que le coin
de Brest recèle dexcellentes vagues dans ces conditions :
Le Minou, Dalb, Porsmi. Il ne faut bien sûr pas avoir peur de la
foule mais leau claire, les falaises, le paysage et les jolies vagues
bien creuses aident à faire passer la pilule. Rien de tel
que de surfer à la maison dirait le Monbz (Philippe Monbet)
à propos de ses fidèles spots locaux... Demain, la semaine
reprend, le bilan de nos 4 jours de quête nest pas si mauvais
: 9 heures de voitures et plus de 700 km pour plus de 14 heures de surf.
des
spots partout et pour tous.
Comme dans lhistoire précédente, tout commence encore
par une dépression. Rien de tel en Atlantique nord, patientez quelques
jours, ça ne devrait pas tarder. La houle approche enfin, les avantages
de la Bretagne sautent alors aux yeux : la péninsule savance
largement dans locéan et capte la majorité des swells,
les trois orientations principales du littoral autorisent le surf par
toutes les orientations de houle et de vent majeures, lenchaînement
de baies et de petites pointes rendent les jours de tempête exploitables.
Lenvers du décor est ce plateau continental relativement
étendu. Il présente un inconvénient principal habilement
rappelé par un surfeur du sud ouest de passage : »putainggg,
mais ça jette pas ici ! », traduction : les vagues ont moins
la pêche quà « hosseugoreu », mais souvenez
vous quen cherchant bien, on trouve La région peut
se diviser grossièrement en quatre secteurs côtiers.
1
Une austère côte rocheuse sétend
au nord, de Brest à lest de Perros Guirec. Longtemps
tenue secrète, des renseignements commencent à filtrer
depuis lessor du surf autour de Locquirec, Roscoff ou Ploudalmezau.
Ici plus quailleurs, la marée sera un élément
clé, les violents courants quelle crée brassent
la colonne sur toute sa hauteur, empêchant la surface de se
réchauffer (15° max. par endroits). Plus sablonneuse
et hospitalière, la partie Est, allant jusquà
Cancale, peut offrir de superbes journée, principalement
durant lautomne et lhiver. People : Yoan Tessier, Alexis
Deniel, Greg Salaun,
Philippe "Monbz"
Monbet, Matt Waeles, Edouard
"Doudou" Kraffe...
2-
La presquîle de Crozon est ce petit bout dIrlande
perdu au milieu de la Bretagne. Beaucoup de ses locaux ne surfent
pratiquement que là, y trouvant des spots pour presque chaque
orientation. Beach breaks, points, reefs, on y trouve de tout et
à des tailles pouvant forcer le respect. Le paysage grandiose
et la lande en fleur au printemps ne seront que la cerise sur le
gâteau. People : Aurélien Jacob, Gaël
Blouet, Thomas Jacob...
3- La Baie dAudierne part, en gros, de la célèbrissime
pointe du Raz, à la non moins célèbre Pointe
de la Torche. Idéal du débutant au casse cou, la baie
alterne longues plages et dalles rocheuses. « Les grands jours,
on pourrait entrer dans le tube en minibus ici » ai-je déjà
entendu dire à propose dun spot du secteur, certaines
photos circulant sur le web ne contrediront pas la rumeur. People
: Thomas Joncour,
Gautier Hamon, Scott,
Ian et Gordon Fontaine, Ronan Chatain, Ronan Ferey, Florian Talouarn,
Annabelle Talouarn...
4- Laissons de coté la zone au sud de Quimper pour directement
se rendre à Lorient où quelques dalles de roche peuvent
de révéler surprenantes. Plus à lEst,
la presquîle de Quiberon abrite peut être les
meilleurs beach breaks de la région, les locaux seront heureux
de lapprendre. People :
Dan Billon, Dom Gajan,
Fred Bahuon, Remy
Bahuon, Yann Canuel, Anne Cécile Le Tallec...
Ce briefing
ne serait pas complet sil ne parlait pas des îles. Dépaysantes
et mystérieuses, elles sont nombreuses autour de la Bretagne et
certaines cachent de vrais trésors. Ouessant, Molène, Belle
Ile, les Glénans, l'île de Sein, Groix, etc. etc., à vous de faire
votre choix.
road
book statistiques locales : 250 km de long par 150 de large, 3 millions
dhabitants. 4 départements : Les Côtes dArmor (22), le Finistere
(29), lIlle et Vilaine (35) et le Morbihan (56). principales villes : Rennes, Brest, Lorient, Quimper, St Brieuc. matos : votre planche classique, pour lhiver, une 4-3, des
chaussons et des ear plugs si vous souffrez des oreilles, une 3-2 pour
le reste de lannée. Indispensable, lannuaire des marées
locales disponible gratuitement dans tout bon surf shop.
check
météo : la Bretagne est la région la plus tempérée
de France. Tair entre 0 et 25°C, Teau entre 8 et 17 au nord, 8 et
20°C au sud. La meilleur saison est sans conteste lautomne,
ensuite, cest toujours aussi bon mais beaucoup plus frais. Le vent
dominant est de secteur Ouest, il passe du sud au nord en passant par
louest lors du passage dune dépression. Une carte météo
journalière est visible dans le Télégramme. squatter : je ne vous ferai pas laffront de vous proposer
le camping, chacun connaissant la réputation pluvieuse de la Bretagne
en automne. Un van est la meilleur solution pour visiter la région
en alliant confort et mobilité. On trouve facilement de petites
maisons à louer hors saison, se renseigner dans les offices du
tourisme. check web :www.bzhecume.com, surfouest.free.fr
kristen
pelou photographe professionnel spécialiste des sports nautiques, surf,
voile, glisse, kitesurf, windsurf, funboard, yachting, régate, loisirs,
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